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Enkil,
le riche caravanier , agonise. Ses trois fils l'entourent,
inquiets de ses dernières paroles qui vaudront testament. Le
notaire affûte son stylet , une tablette d'argile fraîche sur
les genoux. Dans un coin, portant des torches, les deux serviteurs
Kurlil et Nabu retiennent leurs larmes.Le vieil Enkill lève une
paupière sur son oeil rusé et articule avec ses dernières
forces : « Je lègue à mon fidèle Arabu l'équivalent de la part de l'un de mes mauvais fils. Au brave Kurlil, je donne le tiers de ce qui reste du tiers après la part. »
Puis , ayant dit, Enkil meurt.
Alors, quelle part de l'héritage revient aux trois mauvais fils ? Voici quelle était la démarche des calculateurs de Babylone, en utilisant l'écriture actuelle.
La vraie difficulté se trouve dans l'interprétation de l'énoncé.
Soit x l'héritage et y la part de chacun des trois fils. Chacun des 3 fils a une part : cela fait
3y. Le fidèle Nabu a une part égale : encore y.
Le brave Kurlil enfin a 1/3 de « ce qui reste du tiers de l'héritage moins une part »
1/3(m/3 - P). Le total étant égal à l'héritage x.
Voici donc l'équation à résoudre ; il s'agit de trouver y connaissant
x
3y + y + 1/3 (m/3 - P)= x
c'est-à-dire:
4y - 1/3 y = x - x/9
Jusqu'ici nous aurions suivi le même chemin que les calculateurs de Babylone et serions bien près d'aboutir. Mais, à partir d'ici, les Babyloniens utilisent une route bien tortueuse.
Ils font de x -x/9 un bloc, égal à b, et arrivent à 4y-1/3 y
= b
Nous voici au coeur de la recette (de cuisine). On remplace dans cette formule
y, que l'on cherche, par une valeur quelconque y1, qui a donc toutes les chances d'être .... fausse (d'où le nom donné à la méthode). Et on calcule, on trouve un nombre
b1 : 4y1-1/3 y1= b1,
On récidive : donnant à y une seconde valeur y2, tout aussi fausse que la précédente, on calcule
b2: 4y2-1/3 y2= b2,
En possession des trois nombres b, b, et b2 on calcule les différences b -
b1,et b - b2. On les note : D1
= b - b1,
et D2
= b -
b2 à seule fin de les introduite dans la formule magique :
y = ( y1D2
- y2D1)
/ ( D2
- D1)
qui donne le résultat exact.
On voit mieux sur un cas pratique. Par exemple, si l'héritage est ni = 900
OOO Dinnars, la part y = 218 182 Dinnars.

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