XIXe
et XXe siècle
C'est l'époque du grand essor des mathématiques. On en fixera
environ le début à l'issue de la Révolution française. Alors
va s'affirmer un style nouveau des mathématiques, marqué
essentiellement par un souci de plus grande rigueur, par un
esprit de conquête - qui conduira à l'ouverture de nombreux
champs nouveaux d'investigation et par la recherche d'une généralité
toujours plus grande. Ainsi les mathématiques reposeront sur
des bases plus solides et leur véritable caractère apparaîtra
avec le développement de l'axiomamtisation et l'introduction du
concept de structure abstraite.Les mathématiques, jusque-là
assez disparates, se réorganiseront alors selon des
perspectives plus fondamentales qui conduiront sinon à son
unification complète, du moins à une claire mise en évidence
de la vraie nature de ses différents domaines et de leurs
relations.
Dès le début du XIXe siècle, la production mathématique
connaît une grande expansion, comme le montre notamment la création
de plusieurs périodiques mathématiques tels que le Journal de
Gergonne (1810-1832), le Journal de lécole polytechnique
(1794), le Journal de Crelle (1826), le Journal de Liouville
(1836). Dans la seconde moitié du XIXe siècle
seront crées les Annales de l'école normale supérieure
(1864), les Mathematische Annaien (1868).
Quant aux mathématiciens eux-mêmes, ils sont légion. « Nous
aurons, écrit Félix Klein, un tableau du développement
des mathématiques si nous imaginons une chaîne de hautes
montagnes, représentant les hommes duXVIIIe siècle,
terminée par une cime imposante - Gauss -, puis une large
et riche contrée remplie de nouveaux éléments de vie. » Ces
nouveaux éléments de vie, ce sont les Cauchy, Abel, Galois,
Bolzano (1781-1848), Jacobi, Riemann, Weierstrass, Cayley,
Cantor, Kronecker, Dedekind, Lie, Hermite, Klein, Poincaré,
Hilbert, Borel (1871-1956), Lebesgue (1875-1941), Elie Cartan
(1869-1951), sans parler des mathématiciens encore vivants.
Tous s'imposent sans conteste par l'ampleur et la profondeur de
leurs vues.
CHRONOLOGIE
:
| |
GEOMETRIE |
ALGEBRE |
ANALYSE
, CALCUL , INTEGRATION |
| 1810 |
|
|
BOLZANO
: premières définitions rigoureuses des notions de limite
et de continuité |
| 1820 |
Poncelet:
Traité des propriétés projectives des figures
Plücker: coordonnées homogènes
Lobatchevsky: géométrie non euclidienne |
|
CAUCHY:
Cours d'analyse principes de la théorie des séries ,
etude des fonctions continues, rigueur dans la
notiond'integrale
CAUCHY: bases de l'etude des fonctions d'une variables
complexe(fonctions analytiques)
Jacobi : etude des fonctions elliptiques |
| 1830 |
Bolyai:
géométrie non euclidienne |
GALOIS
:
théorie définitive des équations algébriques fondée
sur la notion de group et celle de corps
GAUSS: théorie des nombres complexes
Bellavitis: concept de vecteur |
|
| 1840 |
|
Grassmann:
produit scalaire de deux vecteurs
Liouville: première démonstration de la transcen- dance
d'un nombre
Cayley: théorie des matrices Boole, de Morgan : algébre
de la logique |
BOLZANO:
construction d'une fonction continue n'ayant de dérivée
en aucun point
Weierstrass: notion de convergenc uniforme |
| 1850 |
RIEMANN
:
surface de RIEMANN
:début du developpement de la géométrie
algébrique
Laguerre :
définintion
projective de la distance RIEMANN: sur les hypothèses qui
servent de base a la géométrie
RIEMANN: Analysis situs (création de la topologie)
Cayley: théorie générale des géométries euclidiennes
et non euclidiennes |
Hamilton:
création des quaternions (premier exemple d'un corps non
commutatif ) |
RIEMANN: étude des fonctions d'une variable complexe
RIEMANN: généralise la notiond'intégrale introduite
par Cauchy |
| 1860 |
|
Jordan:
groupes de substitutions
Christoffel : calcul tensoriel |
Weierstrass:
étude des fonctions d'une variable complexe |
| 1870 |
Lie:
groupes de transformations continues Klein: Programme
d'Erlangen (synthèse des géométries,fondée sur la
notion de groupe de transformation ) |
Dedekind:
notion d'idéal d'un anneau
Kronecker: théorie des corps de nombres algébriques |
Weierstrass:
étude des fonctions non dérivables CANTOR
et
Dedekind: définition arithmétique des nombres
irrationnels
Heine: notion de continuité uniforme
CANTOR: notion d'ensemble, de puissance d'un ensemble |
| 1880 |
|
Lindemann:
transcendance du nombre
Ricci : calcul tensoriel
Peano: espa e vectoriel
Dedekind: définition des entiers sur la base de la théorie
des ensembles
Peano: axiomatique du nombre et de la géométrie |
Poincaré
: fonctions fuchsiennes
CANTOR: ensembles bien ordonnés
CANTOR: nombres ordinaux |
| 1890 |
HILBERT:
Fondements de la géométrie première théorie mathématique
en forme axiomatique moderne |
Levi
Civita: calcul différentiel absolu |
Intégrale
de Stieltjes |
| 1900 |
Hausdorff:
notion de voisinage,définition axiomatique des espaces
topologique
Fréchet: notion d'espace métrique |
|
Intégrale
de Lebesgue
Zermelo prouve l'existence d'un bon ordre sur tout
ensemble
Zermelo: première axiomatisation de la théorie des
ensembles (introduction de l'axiome du choix)
Radon : définition d'une mesure |

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