L'Antiquité,
en dehors du monde grec et romain :
Le champ
des mathématiques est à cette époque assez restreint, surtout
constitué par les systèmes de figuration des nombres et les méthodes
de calcul que prolonge un début d'algèbre, puis par une géométrie
très sommaire. D'une manière générale, il s'agit de
mathématiques avant tout pratiques (comptabilité, métrologie,
mesure de volumes et de surfaces, calculs astronomiques).
BABYLONE
MESOPOTAMIE:
Située
sur l'Euphrate dans l'ancienne Mésopotamie, l'actuel Iraq,
Babylone aujourd'hui à l'état de ruine, consécration de la
civilisation chaldéenne, bâtie il y a près de 2500 ans (à 160
km de l'actuel Bagdad), fut la source des mathématiques égyptiennes.
La ville doit son éclat et sa puissance à Nabuchodonosor Ier
(-1137). Les savoirs des Sumériens (peuple de la basse Mésopotamie)
et des Babyloniens nous sont connus grâce aux nombreuses
tablettes d'argile gravées en écriture cunéiforme (en
forme de "coins") relatant leur vie sociale,
commerciale, religieuse, culturelle et scientifique. Ils furent en
effet, avec les Sumériens, près de 2000 ans av. J.-C., de
brillants astronomes et de grands calculateurs. Leurs tablettes
montrent de savants calculs entiers, fractionnaires, voire
irrationnels, utilisant ces deux systèmes.
L'écriture
cunéiforme des Babyloniens, frappée dans l'argile, utilisait un
système de numération positionnel de base 60 (système sexagésimal
). Par exemple, à l'université de Yale (USA), la tablette
Plimpton 232 montre un calcul de à 10-7 près de 2 écrit
en base 60. Adeptes de puissants calculs fractionnaires, le choix
d'une telle base peut s'expliquer du fait qu'elle permet
d'exprimer simplement de nombreuses fractions usuelles grâce à
ses nombreux diviseurs.
Suivant
le contexte, le symbole désignait l'unité (1) ou la base
(60). 10 était représenté par Les Babyloniens sont ainsi
à l'origine de nos systèmes décimal et sexagésimal (ce dernier
est encore utilisé pour mesurer le temps et les angles). Le
partage d'un jour en 24 heures (en fait 12 "kaspars"
, 1 kaspar = 2 heures) est aussi, avec les premiers cadrans
solaires, un héritage chaldéen transmis par les Grecs.

On a récemment
(1936) trouvé à Suze (Mésopotamie) une tablette cunéiforme
montrant que les Babyloniens utilisèrent pour le calcul des
circonférences, outre le triple du diamètre (soit la valeur très
approximative pi = 3),
le nombre 3 + 1/8 = 3,125.
Chine & Inde :
On connaît peu de
choses sur les mathématiques chinoises et indiennes de l'Antiquité.
L'Asie connut de grands philosophes tournés vers un mysticisme
relativement exempt de pensée scientifique. Par contre, l'Inde et
la Chine eurent, bien avant l'Occident, une médecine et une
chirurgie efficaces (l'acupuncture chinoise, reconnue aujourd'hui
par la médecine occidentale, date de l'Antiquité).
On leur doit aussi,
vers -125, la fabrication du papier à partir de fibres végétales
(mûrier et bambou) à l'instar des papyrus (d'où le nom
"papier") égyptiens. Leur technique nous furent
transmises par les Arabes au 8è siècle, via les invasions en
Espagne du sud.
Le véritable éveil
aux mathématiques remonte au 4e siècle av. J.-C., tout particulièrement
à travers les observations astronomiques. Comme en Europe, on
retrouve des traces du calcul de (liées aux observations
astronomiques) de résolution d'équations, d'élaboration de
tables trigonmétriques (pour établir les cartes célestes).
En Chine,
l'utilisation précoce d'un système décimal positionnel a permis
de puissants calculs avec l'utilisation des bouliers. Peu, voire
pas, de géométrie.
La mathématique
indienne (on dit souvent hindoue , car elle était plus particulièrement
étudiée par les religieux) avec des mathématiciens comme
Aryabhata, Brahmagupta, apparaît indépendante de celle des
grecs.
On doit à ce
dernier, au 7è siècle, l'invention du zéro (en fait déjà à
l'état "latent" dans les mathématiques indiennes de
cette époque) lié à l'usage d'un système décimal positionnel
que l'Occident adoptera, transmis par les Arabes (Maures) lors de
leurs invasions en Andalousie (sud de l'Espagne : royaume arabe de
Grenade, califat de Cordoue). Le zéro indique l'absence d'une
puissance de 10 dans l'écriture d'un nombre. Le système sexagésimal
(base 60) des Babyloniens utilisait un zéro implicite au moyen
d'un espace entre les symboles, ce qui entretenait une certaine
ambiguïté que seul le contexte permettait de lever.

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